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Les pouvoirs de l’émotion : à la découverte du parcours sensoriel

Dans cet article on vous en dit un peu plus sur le parcours sensoriel qui vous attend les 14 et 15 septembre au Centre Pompidou !

Willem Boshoff, Blind Alphabet

Blind Alphabet est un projet au long cours, initié en 1990. Ce dictionnaire en trois dimensions est composé, à ce jour, de 338 unités sculpturales. Les œuvres individuelles sont présentées comme des formes utilisées pour symboliser un mot, difficile ou abstrait, commençant par la même lettre de l’alphabet. Les sculptures, qui ne peuvent être comprises que par le toucher, sont stockées dans des boîtes, cachées  et accessibles uniquement aux aveugles.

Boshoff joue avec la dynamique du privilège entre les voyants et les non-voyants. Dans une inversion des relations de pouvoir, le travail crée une dépendance aux compétences du toucher et de la lecture des guides aveugles. Sans les aveugles présents, le Blind Alphabet reste perdu.

Blind Alphabet is a long-term project, commenced in 1990. This three-dimensional dictionary comprises, to-date, 338 sculptural units. The individual works are presented as shapes used to symbolise a particularly difficult or abstract word, which starts with the same letter of the alphabet. The sculptures that can only be understood via the sense of touch, are stored in boxes, hidden from the view and only accessible to blind people.

Boshoff plays with the dynamic of privilege between sighted and blind people. By inverting power relationships, the work creates dependence on the sense of touch and reading skills of the blind guides. Without the presence of blind people, Blind Alphabet would remain lost.

Pascal Haudressy: Un cœur qui bat [A Beating Heart]

Formation, déformation, information : des flux d’images et des calculs incessants forment un mouvement cyclique, une silhouette vibrante comme en état d’apesanteur.

Pour produire cette matière picturale, à la fois chaotique et ordonnée, Pascal Haudressy « détraque » les ordinateurs, joue avec leurs limites. Il introduit des « noises » qui à leur tour, induisent des modifications incontrôlées de l’image. Pris dans un processus itératif, le dessin ne produit plus une structure figée mais des formes en devenir. Ce sont des pulsations, des fréquences, des phases et non plus des surfaces mesurables, tel un graphe électrique.

Formation, deformation, information: flows of images and incessant calculations form a cyclical movement, a pulsating silhouette like in a state of weightlessness.

In order to produce this chaotic and at the same time ordered pictorial matter, Pascal Haudressy ‘disrupts’ computers, playing with their limitations. He introduces noises, which then induce non-controlled modifications of the image. Taken in an iterative process, the drawing does not produce any sort of fixed structure, but rather creates growing forms in the making. These forms are pulsations, frequencies and phases rather than measurable surfaces, like an electricity graph.

Steve McQueen, Deadpan

« Dans cette installation, Steve McQueen décline la séquence de Steamboat Bill Junior (1928) où une façade de maison en bois s’abat sur le comédien [Buster Keaton], protégé par l’embrasure d’une fenêtre ouverte. Une douzaine de plans, de valeurs et d’angles différents, sont montés selon une esthétique et une rhétorique cinématographiques. Le corps d’homme noir de Steve McQueen, recadré par rapport à celui de l’homme blanc Buster Keaton, renvoie aux représentations de l’identité noire. Le dernier plan montre le mur de bois s’abattant sur l’écran en l’obscurcissant complètement. Le mur-écran de la salle d’exposition se confond alors avec le mur de la fiction. » Françoise Parfait

‘In this installation, Steve McQueen is inspired by the sequence in Steamboat Bill Junior (1928) in which the façade of a wooden house falls on the actor [Buster Keaton] who is protected by the space left by an open window. A dozen different shots of varying values and angles are taken, based on a cinematographic aesthetic and rhetoric. The body of Steve McQueen’s black man, framed to what was once a space for the white man Buster Keaton, refers to the representations of black identity. The final shot shows the wooden wall falling onto the screen and obscuring it completely. Thus, the screen-wall of the exhibition room merges into the wall of fiction.’ Françoise Parfait

Julien Levesque: Data Sonata

Data Sonata retranscrit nos déplacements quotidiens d’une année, sous la forme sensible d’une sonate pour piano accompagnée d’une partition. L’œuvre recompose nos données de position Google sous la forme audible et matérielle d’un disque vinyle 33t. Comme pour mieux nous dévoiler la face cachée de notre empreinte numérique, Julien Levesque exploite les données personnelles de plusieurs de ses proches afin de leurs donner un aspect émotionnel et musical inédit. Ces compositions forment autant de sonates et de partitions qu’il existe d’histoires personnelles, de trajectoires dans nos modes de vies connectés. La vie quotidienne se voit ici transposée par un algorithme mélomane.

Data Sonata rewrites our daily movements made over a year, in the form of a sensitive/sentient piano sonata accompanied by a printed musical score. The work reconstructs our positional data provided by GPS  into the audible and material form of a 33” vinyl disc. As if he were revealing the hidden face of our digital imprint, Julien Levesque uses the personal data of several of his close friends and family to give them a unique emotional and musical dimension. These compositions take the shape of as many sonatas and scores as there are personal stories and pathways in our connected lifestyles. Daily life is transposed here by a music-loving algorithm.

Albertine Meunier: Le Livre Infini [The Never-ending Book]

Le Livre Infini, conçu par Albertine Meunier, est un livre entièrement blanc, dont le contenu n’apparait que lorsque l’on tourne ses pages. Dispositif de lecture de contenus numériques et multimédia mélangeant textes, images et vidéos, les images prennent vie sous nos yeux, les mots s’entendent ou se lisent, à l’infini… comme une impression à la volée de matières numériques. En proposant un nouveau mode d’impression du contenu numérique, le Livre Infini concilie le numérique avec la nostalgie du papier.

The Livre Infini [The Never-ending Book], designed by Albertine Meunier, is an entirely blank book, in which the content appears only when you turn the pages. As a device for reading digital and multimedia content, mixing texts, images and videos, images come to life under our eyes, words become audible as we read, endlessly… akin to the print of a flight of digital materials. By offering a new way of printing digital content, the Livre Infini reconciles digitalisation with the nostalgia of paper.

Programmation / Programming: Sylvie Tissot

Une co-production Art2M / An Art2M co-production

Compagnie Shonen, Lesson of Moon

Une jeune danseuse et un robot s’engagent dans un processus de mimésis empathique questionnant les représentations et les perceptions du corps à l’heure des nouvelles technologies. Le duo compose des « tableaux vivants » inspirés d’icônes de la peinture religieuse, dans une chorégraphie ritualisée où se glissent des gestes contemporains, comme ceux que les digital natives exécutent sur leurs tablettes tactiles. Évoquant une mystique du corps fusionné à ses représentations passées et actuelles, le spectacle met en évidence notre rapport à une nouvelle communauté humaine, en présence des robots que cette dernière engendre et qui la transforment.

A young dancer and a robot engage in a process of empathic mimesis, questioning the representations and the perceptions of the body in this era of new technologies. The duo creates ‘living tableaux’ inspired by icons of religious painting, in a ritualised choreography interspersed with contemporary movements, similar to the behaviour of digital natives using their touch screens. Evoking a mysticism showing the body fused with its past and current representations, the performance brings to the fore our relationship with a new human community, all the while in the presence of the robots created by this community who is transformed by them.

Cécile le Talec: Stanza

Stanza est une dalle, réalisée en scagliola, marbre reconstitué, à l’échelle du corps humain. Le spectateur est invité à s’allonger sur ce « socle », tel un gisant ou un modèle vivant afin d’écouter les sons de la Terre, diffusés à l’intérieur du marbre. En Italie, le scagliola est aussi appelé « pierre chaude » car il renvoie la chaleur du corps, ce qui accentue le rapport sensuel à l’œuvre. Les dessins visibles sur la plaque de marbre figurent le spectrogramme sonore des vibrations de la Terre. Comme pour ses autres œuvres – notamment la tapisserie d’Aubusson « Panoramique Polyphonique » –, Cécile Le Talec associe un savoir-faire artisanal et des matériaux traditionnels à des technologies numériques.

Stanza is a slab of reconstituted marble [scagliola], the size of a human body. The viewer is invited to lie down on this ‘plinth’, like a recumbent statue or a living model, listening to the sounds of the earth that are broadcasted throughout the marble. In Italy, the scagliola is also known as ‘hot stone’ because it soaks up and then expels the heat of the body; this property accentuates the sensual relationship with the work. The drawings that are visible on the marble plaque show the acoustic spectrogram of the Earth’s vibrations. Like in her other works – particularly the Aubusson tapestry ‘Panoramique Polyphonique [Polyphonic Panorama]’ –, Cécile le Talec combines her artisanal savoir-faire and traditional materials with digital technology.