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« Captain Kirk to Black Mirror » : les séries TV Tech ne sont pas de la S.F

IA, écrans, kit main libre, imprimante 3D,  Star Trek avait tout prévu

Quand Jim Goodnight, le fondateur et CEO de SAS utilise l’assistant vocal Alexa d’Amazon pour lancer une analyse de son nouveau logiciel de requête, c’est un peu Captain Kirk qui parle à ses ordinateurs.

Quand Martin Cooper, ingénieur chez Motorola recruté au début des années 1970 pour construire une radio portable, cherche à reproduire Communicator du Captain Kirk, il invente le téléphone portable (vidéo à partir de la 35ème seconde).

La liste est encore longue des autres inventions, imaginées par les créateurs de Star Trek, qui ont inspiré les entreprises et sont désormais partie intégrante de notre quotidien : les « replicators », ancêtres des imprimantes 3D, le « Universal translator » chargé de faire communiquer les êtres et aliens de toutes les galaxies, aujourd’hui révélé dans les logiciels de traduction automatique, algorithmiques ou en IA, le kit main libre du Lieutenant Uhura,  le « tricorder », qui permet de détecter et scanner les maladies, présent aujourd’hui dans quasi tous les IoT et wearableTech, mais aussi les écrans géants, les appels en vidéo, les tablettes et bien sûr les PC. Même s’il est aujourd’hui tentant de rejeter les ordinateurs quantiques, les inventions en cours ne s’inspirent-elles pas du Warp Drive, le vaisseau « faster-than-light »   de Star Trek ?

La Tech, super source d’émotions

Quelles séries contemporaines sont-elles les nouvelles sources d’inspiration à la Star Trek ? Les sources d’inspiration pour les entreprises, issues des imaginaires des séries actuelles, portent moins sur les objets que sur les relations sociales, en particulier sur les interactions émotionnelles entre les humains et les machines, dans la sphère privée, comme dans les entreprises.

Black Mirror, la série britannique créée par le journaliste du Guardian Charlie Brooker, décortique méticuleusement nos relations sociales et nos réactions face à la technologie  dans un mélange d’attraction-répulsion. Le titre de la série fait référence à la dimension sombre, noire que renvoie la technologie. Chaque épisode, réalisé par un cinéaste différent, interroge la manière dont la technologie influe sur la nature humaine. L’épisode 1 de la saison 3, Nosedive, nous fait basculer dans un monde où chacun donne une note aux faits et gestes de ses relations, amis, collègues de travail. L’épisode 2 de  la saison 4, Arkangel, dirigé par Jodie Foster, traite de la question intemporelle de la manière dont les parents doivent s’occuper d’un enfant dans un monde de plus en plus technique.

Mr Robot, série américaine créée par Sam Esmail, met sous tension notre relation aux grandes entreprises en mettant en scène un informaticien dépressif et paranoïaque, « recruté » par un mystérieux anarchiste, Mr Robot de la Fsociety, groupe de hackers dont l’objectif est de détruire les infrastructures des grandes banques et entreprises pour rétablir l’équilibre de la société.

La série suédoise Real Humans, créée par Lars Lundström, teste notre capacité d’adaptation aux robots, en particulier aux robots dotés de sentiments et de conscience. Les Hubots (Human-robots) ont envahi les maisons et les entreprises pour aider les humains dans leurs tâches ménagères et industrielles. Un programme leur permet d’avoir des pensées et des sentiments. L’un des protagonistes pense qu’il est possible de transvaser la « conscience humaine » dans un hubot…  La série américano-britannique Humans, inspirée de la série suédoise, met en évidence la notion de conscience des machines, mises en lumières par  les chercheurs en IA comme Laurence Devillers ou Jean-Gabriel Ganascia.

La manière dont nous nous divertissons est également disséquée avec la série américaine Westworld, créée par Jonathan Nolan et Lisa Joy en 2016, elle-même une adaptation du film de 1973 Mondwest. Parc d’attraction futuriste, récréant le Far West du XIXème siècle, Westworld est peuplé d’ « hôtes », des androïdes réinitalisés à la fin de chaque boucle narrative. Les visiteurs (newcomers) peuvent faire ce qu’ils veulent dans le parc, sans aucune conséquence. Mais suite à la mise à jour du programme des « hôtes », plusieurs bugs dans les comportements des androïdes sont observés…

Enfin, Sense 8 met en scène 8 individus, étrangers les uns au autres, connectés par la télépathie et capables de ressentir les émotions des 7 autres. Une plongée sensationnelle, au premier sens du terme…

Ces sources d’inspirations peuvent aujourd’hui être matérialisées dans les entreprises par une nouvelle approche, celle des CreativeTech-ers qui combinent création artistique, science, ingénierie, philosophie et modèle économique. C’est l’étape d’après l’open-innovation, l’open-creativity. Pour le meilleur et pour le meilleur.